CE QUE SIGNIFIE LE JOUR DE LA TERRE POUR CYNTHIA BERETTA

Que ça me plaise ou non, mon avenir était prédestiné à l’agriculture durable. La vie prend des tournants parfois comiques; peut-être qu’il s’agit d’un pas qui vous mène à un parcours inattendu ou, comme ma mère dit, d’un destinqui se joue. Le 22 avril 1970 marque non seulement la date de ma naissance, mais aussi l’anniversaire du mouvement environnemental moderne, le tout premier Jour de la Terre. Plus tard, j’ai découvert pourquoicette date était aussi importante. Le 22 avril 1970, des millions de personnes ont envahi les rues et les parcs pour sensibiliser les gens à un environnement plus sain et plus durable. L’évènement est célébré annuellement. À l’instar du premier Jour de la Terre, la lutte pour un environnement propre est de plus en plus urgente.

Ma mère a exercé une grande influence sur ma vie : elle m’a initiée au mode de vie biologique. Étant donné qu’elle avait grandi en Italie, elle cultivait toujoursses propres herbes dans un jardin. Elle m’a souvent raconté que ma grand-mère l’envoyait cueillir des herbes pour assaisonner la sauce à spaghetti qu’elle cuisinait.

Depuis qu’elle a émigré au Canada, ma mère est .restée une passionnée de jardinage et une excellente cuisinière, connaissant les meilleurs mets à préparer selon une saison donnée.

Adolescente, je me souviens d’avoir aidé ma mère après l’école à la coopérative biologique dont elle était propriétaire; je me trouvais toujours en compagnie de personnes heureuses de contribuer à la popularité des aliments biologiques. Les fins de semaine, je travaillais à la boulangerie pour perfectionner mes compétences et suivreles traces de ma mère en tant que chef. Dès mon arrivée au travail le samedi matin, j’allumais la cafetière et je patientais, les yeux fermés, en humant l’arôme du pain fraîchement cuit. Croyez-moi, il n’y a rien de tel que de travailler à la boulangerie à 15 ans! Je me souviens que j’ai arrêté de manger des biscuits pendant un an, parce que j’en avais trop mangé.

Non, rien dans ma vie m’a fait dire : « C’est le temps de lancer une ferme biologique durable! » J’ai vécu une vie urbaine ordinaire. Après l’école secondaire, j’ai étudié à l’université et travaillé quand j’en ai eu l’occasion. Mon intérêt pour la ferme a commencé quand j’ai rencontré mon époux, Mike. Il était alors joueur professionnel de soccer pour une équipe de Toronto et j’étais étudiante en psychologie à l’Université York. On était loin d’avoir l’étoffe de fermiers : ni l’un ni l’autre ne venait d’un milieu agricole. À l’époque, Mike conduisait une Jeep décapotable; une de nos premières sorties s’est faite en campagne. C’était en juin et un fermier venait tout juste d’épandre du lisier dans un champ à proximité; la senteur était intenable. Mike a un sens de l’odorat tout à fait différent : il a senti une possibilité d’affaires. Toujours sur la route, Mike a respiré le purin à plein nez et a dit : « Ça sent pas bon, çà? » Depuis qu’il était enfant, il avait toujours voulu élever des porcs. On a acheté deux petits cochons d’un fermier local, qu’on a nommé Charlotte et Wilbur. Ces deux cochonnets sont devenus le fondement de Beretta Farms aujourd’hui.

Nous avons acheté notre première ferme, en 1993, quand on s’est mariés. On n’était pas vraiment des fermiers, on apprenait à faire les choses par essais et erreurs. Heureusement, on avait emménagé dans une communauté agricole active, dans le sud-ouest de l’Ontario. Pendant les premières années, nos voisins nous ont beaucoup aidés; on atout de même fait bien des erreurs. Ils croyaient probablement que nous étions fous. Sansaucune expérience et avec beaucoup chance, on a relevé un défi de taille en décidant de lancer ce qui est aujourd’hui Beretta Farms! De la petite ferme du sud-ouest de l’Ontario à l’entreprise nationale actuelle, on a toujours suivi le chemin de l’agriculture durable. Injecter les animaux ne nous semblait pas naturel à l’époque et ne le semble pas maintenant non plus. De plus, à de nombreuses reprises, des études ont montré qu’élever les animaux à notre façon est non seulement mieux pour eux, mais mieux aussi pour le sol et l’environnement. En restant fidèle à nos racines durables, le Jour de la Terre a toujours été une fête qui me tient à cœur… et pas seulement parce que c’est aussi le jour de mon anniversaire

Un pas peut vous mener à un parcours différent, un que vous n’auriez peut-être pas envisagé de prendre. Ma mère a toujours dit : « La vie vous donne toujours deux chemins. L’un n’est pas meilleur que l’autre; chacun d’eux est simplement “un” chemin. À vous d’en faire le parcours que vous voulez. »